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Cancer et sommeil : et si on en parlait ?

il y a 6 jours
7 min de lecture

« Pourquoi est-ce que je me réveille trempée de sueur ? »

« Est-ce que c’est mon traitement qui m’empêche de dormir ? »

« Pourquoi, dès que je ferme les yeux, ma tête se remet-elle à tourner ? »

« Comment vais-je trouver l’énergie de traverser ma journée si je dors encore si mal ? »



Peut-être que l’une de ces questions t’habite. Peut-être que plusieurs se bousculent en même temps.


Et pourtant, tu hésites à en parler. Tu oublies de le mentionner. Ou tu te dis : « Après tout, avec ce que je traverse, c’est peut-être normal… »


Mais ces questions restent là, en arrière-plan. Et nuit après nuit, elles peuvent devenir lourdes à porter.


Tu n’es pas seule à hésiter. Dans une étude canadienne menée auprès de personnes touchées par le cancer et vivant des difficultés de sommeil, certaines ont exprimé une réticence à parler de leurs nuits à leur médecin. Elles souhaitaient aussi que les professionnels de santé accordent davantage d’attention à ces difficultés.


Pourtant, même si les problèmes de sommeil sont fréquents pendant ou après un cancer, tu n’as pas à les supporter en silence.


femme assise au bord de son lit, éveillée et pensive.

Pourquoi mes nuits ont-elles changé ?


Depuis le diagnostic ou le début des traitements, tu as peut-être remarqué que ton sommeil n’est plus le même. Tu mets plus de temps à t’endormir, tu te réveilles pendant la nuit ou tu te lèves sans te sentir reposée.

Plusieurs choses peuvent contribuer à ces changements.


Ton corps peut avoir du mal à trouver le repos. Une douleur rend certaines positions inconfortables. Des nausées, des fourmillements ou des bouffées de chaleur peuvent aussi te gêner ou te réveiller.


Certains traitements ou médicaments peuvent influencer ton sommeil. La chimiothérapie, la radiothérapie, l’hormonothérapie ou certains médicaments utilisés pour soulager les effets secondaires peuvent, selon ta situation, perturber tes nuits, directement ou à travers leurs effets sur ton corps.


Tes préoccupations peuvent prendre plus de place la nuit. Une fois dans le silence, les questions reviennent peut-être : Que vont montrer les résultats ? Comment vais-je me sentir après le prochain traitement ? Et si le cancer revenait ?


Parfois, ces pensées retardent l’endormissement. D’autres fois, elles arrivent après un réveil et rendent le retour au sommeil plus difficile.


Il peut y avoir une raison à tes nuits difficiles, ou plusieurs à la fois. Et il n’est pas toujours facile de les démêler seule. Ton équipe soignante pourra t’aider à comprendre ce qui se passe pour toi.


Quand les nuits difficiles pèsent sur les journées


Dormir permet à ton corps et à ton esprit de se reposer et de récupérer. Quand les nuits sont souvent interrompues, tu peux te sentir plus fatiguée, avoir plus de mal à te concentrer ou te sentir plus irritable. La douleur et certaines émotions peuvent aussi être plus difficiles à vivre.


Et lorsqu’on traverse déjà un cancer, on peut avoir l’impression de manquer de ressources pour faire face à la journée qui commence.


C’est une raison de plus pour ne pas rester seule avec ces nuits difficiles.


Comment aborder le sujet ?


Tu n’as pas besoin de connaître la cause de tes difficultés avant d’en parler à ton équipe soignante. Tu peux simplement rapporter ce que tu observes :


  • Est-ce difficile de t’endormir, ou te réveilles-tu pendant la nuit ?

  • Depuis quand tes nuits ont-elles changé ?

  • Y a-t-il une douleur, une bouffée de chaleur ou une autre sensation qui te réveille ?

  • Certaines pensées ou inquiétudes reviennent-elles souvent ?

  • Comment te sens-tu au réveil et pendant la journée ?


Si tu ronfles fortement, que ta respiration semble s’interrompre pendant ton sommeil ou que tu ressens une somnolence importante le jour, mentionne-le aussi à ton équipe.


À partir de toutes tes observations, ton équipe pourra explorer avec toi des pistes adaptées à ta situation. 


Un petit conseil : note tes questions et tes observations dans un carnet ou dans un fichier Google Drive. Tu pourras les retrouver facilement le jour de ta consultation.


Des gestes complémentaires qui peuvent aider 


Voici quelques pistes supplémentaires que tu peux explorer selon ton énergie et ta situation pour améliorer ton sommeil. 


Une transition douce vers la nuit


Si tu le peux, réserve-toi un moment de calme avant d’aller au lit. Lire quelques pages, écouter une musique apaisante ou pratiquer une relaxation peut t’aider à ralentir.

Tu peux aussi refaire certains gestes dans le même ordre chaque soir, pour créer un petit rituel qui te fait du bien.


Des horaires aussi réguliers que possible


Te coucher et surtout te lever à des heures semblables peut aider ton corps à conserver un rythme veille-sommeil plus régulier.


Mais pendant les traitements, les journées ne se ressemblent pas toujours. L’idée est de trouver des repères qui conviennent à ta réalité, sans te priver du repos dont tu as besoin.


La lumière comme repère


La lumière du jour aide ton corps à se repérer dans son rythme veille-sommeil. Le matin, elle lui donne un signal : la journée commence.


Si tu en as la possibilité, ouvre les rideaux au réveil et profite de la lumière extérieure. Une petite marche, quelques minutes sur ton balcon ou un moment dehors avec ta boisson chaude peuvent être de belles façons de l’accueillir.


Tu peux viser progressivement environ 20 à 30 minutes à l’extérieur dans la journée, selon ton énergie, la météo et les recommandations de ton équipe soignante. Il ne s’agit pas d’une obligation : certains jours, quelques minutes seront déjà une façon de prendre l’air.

Si sortir est difficile, installe-toi près d’une fenêtre lumineuse lorsque tu le peux. La lumière y est généralement moins intense qu’à l’extérieur, mais cela peut être une option plus accessible.


Certains traitements peuvent rendre la peau plus sensible au soleil. Tu peux profiter de la lumière du jour sans chercher à t’exposer directement au soleil, en suivant les conseils de protection solaire de ton équipe.



Un environnement propice au repos


Autant que possible, fais de ta chambre un endroit confortable pour dormir : une température agréable, peu de lumière et un environnement calme.

En soirée, privilégie une lumière plus douce. Si tu te lèves pendant la nuit, garde un éclairage tamisé, mais suffisant pour te déplacer en sécurité.


Si les bruits te dérangent, un son doux ou un bruit de fond régulier pourrait aussi t’aider.


Une pause d’écrans avant le coucher


Si tu le peux, éloigne ton téléphone, ta tablette ou la télévision une à deux heures avant de dormir. Tu pourrais profiter de ce moment pour lire, écouter de la musique ou choisir une autre activité calme.


Attention à la caféine 


Le café, certains thés, les boissons énergisantes et d’autres produits contenant de la caféine peuvent rendre le sommeil plus difficile. La Société canadienne du cancer suggère d’éviter les boissons caféinées dans les six à huit heures avant le coucher.


Si tu aimes ta boisson chaude du soir, tu peux choisir une option sans caféine qui te convient. L’alcool peut lui aussi perturber la qualité du sommeil.


Un peu de mouvement, selon ton énergie


Si ton état te le permet, un peu de mouvement pendant la journée peut soutenir ton sommeil : quelques pas dehors, des étirements doux ou une activité que tu apprécies.

L’important est de respecter ton énergie du moment et les recommandations de ton équipe soignante.


Une place pour tes inquiétudes


Si des questions ou des inquiétudes tournent dans ta tête, tu peux essayer d’en parler à une personne de confiance, de les déposer dans un carnet ou de pratiquer l’écriture libre. 

Cela ne fera pas nécessairement disparaître tes préoccupations, mais cela peut t’aider à ne pas tout garder pour toi.


Le réveil tourné


Tu te réveilles, tu regardes l’heure et tu commences à calculer : « Il ne me reste que quatre heures… maintenant trois… »


Si cela t’arrive, tu peux essayer de tourner ton réveil ou de placer ton téléphone de façon à ne pas voir l’heure. Cela évite de te rappeler, chaque fois que tu ouvres les yeux, le temps qui passe.


Une sieste si tu en as besoin


Pendant les traitements, la fatigue peut être bien présente. Une sieste peut alors répondre à un réel besoin.


Si tu remarques qu’elle rend l’endormissement plus difficile le soir, tu peux essayer, lorsque c’est possible, de la faire plus tôt dans la journée et de la garder courte. 


Ces quelques pistes peuvent soutenir ton sommeil, mais elles ne remplacent pas les recommandations de ton équipe soignante. 


Ce qui m’a aidée, personnellement


De mon côté, j’ai appris à être plus attentive à mon corps et à me programmer de petites pauses dans la journée. Cela m’a aidée à maintenir un niveau d’énergie plus stable.


La relaxation m’a beaucoup aidée aussi. Elle ne remplace pas une bonne nuit de sommeil, mais elle m’aide à relâcher les tensions et m’offre un moment pour récupérer.


La programmation mentale était, et est encore un excellent outil pour m'aider à apaiser mon agitation et à retrouver plus facilement le chemin du sommeil.


Le soir, certains gestes sont devenus des moments de réconfort : une tisane de camomille, un bain avec du sel et quelques gouttes d’huile essentielle de lavande…


J’aime aussi terminer ma journée en écrivant dans mon journal ce pour quoi je ressens de la gratitude, et pourquoi je suis reconnaissante d’être en vie aujourd’hui.


Je te partage ces gestes parce qu’ils ont adouci mon quotidien et m’ont aidée à tenir le coup. Ce ne sont pas des choses à ajouter à ta liste de « ce qu’il faudrait faire », mais simplement de petites pistes à explorer selon tes besoins.


Il existe aussi différentes formes de soutien, comme la thérapie cognitivo-comportementale de l’insomnie, l’hypnose, l’acupuncture ou la sophrologie. Tu peux en discuter avec ton équipe soignante pour voir ce qui pourrait convenir à ta situation. Leurs effets sur le sommeil varient selon les approches et les personnes.


Petit rappel important : avant d’essayer une plante ou une huile essentielle, prends un moment pour vérifier auprès de ton équipe soignante ou de ton pharmacien.


Un premier pas


Si tes nuits sont difficiles en ce moment, qu’aimerais-tu dire à ton équipe soignante ?

Tu peux noter une seule phrase, simplement :

« Je dors mal et j’aimerais qu’on en parle. »

C’est déjà une façon de faire une place à ce que tu vis. 🤍


Un espace pour souffler


Si tu ressens le besoin d’être accompagnée dans ce que tu traverses, je t’offre un espace pour déposer ce qui est lourd, revenir à toi et explorer des outils adaptés à ton énergie du moment.


Mon accompagnement en sophrologie pour femmes touchées par le cancer, à Repentigny et en ligne ne remplace pas ton suivi médical mais peut être un doux complément.




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